Eric Boudet est né à Marseille le 1er janvier 1963.
Licencié en langues étrangères et titulaire d'un DESS d'économie, il débute sa carrière dans le commerce international puis évolue vers des postes de chargé de mission pour des projets de développement en Amérique latine.
Fin des années 90, il travaille comme responsable administratif et financier de projets culturels transnationaux européens dans le domaine du patrimoine archéologique, architectural et culturel.
C'est un peu par hasard, en 2003 qu'Eric Boudet découvre la photographie et la danse. Très vite, il décide de faire de la photographie de danse son métier. Le pari est difficile à tenir. Depuis 2004, Eric Boudet travaille avec plusieurs festivals internationaux français et étrangers.
En danse, sa photographie tente de capturer les ruptures de charge on pourrait imager cela par le moment où un cable sous tension rompt, ou encore celui où une flèche est décochée.
Aujourd'hui, Eric Boudet poursuit son activité de couverture de festivals internationaux et se positionne de plus en plus comme "partenaire image" de ces évènements. Il collabore aussi avec des chorégraphes de renommée nationale et internationale.
Ses projets sont tournés aujourd'hui vers une co-écriture photographique et chorégraphique en collaboration avec des chorégraphes et devraient se matérialiser courant 2008-2009 par des résidences d'artistes.

Le chorégraphe écrit des mouvements sur la feuille d’une composition musicale, le danseur l’exécute et s’il est bon il exprimera ce mouvement et transmettra l’émotion ou le sentiment qu’il doit ; Le photographe s’il est bon, attrape le mouvement avec éventuellement son émotion et le sentiment qu’elle transmet, avec sa focale et son instinct. S’il fait bien son boulot il devient lui-même un scribe qui retranscrit différentes sortes d’écritures : l’écriture musicale, chorégraphique, l’écriture du mouvement.
Eric Boudet est un chasseur de mouvements. Il les shoote comme l’on joue au ball-trap, tapi dans l’ombre de la scène avec un sorte de sixième sens au bout de l’index en connivence avec le déclencheur et cela donne un mouvement qui n’en est plus vraiment un, puisque figé sur le papier mais dont on perçoit la trajectoire, l’essence, l’effort magistral. Cela va du statisme suspendu à l’envol lyrique en passant par le flottant onirique sans renier pour autant les lois de Newton et de sa pomme comme un irrésistible attrait pour le sol, la terre, tremplin incandescent.
Corps, désarticulés en fractures rythmiques, pétrifiés dans le vent d’une sourde tragédie, virevoltants en maîtres de l’apesanteur, spectaculaires dans le déséquilibre cassé, resplendissants dans l’espace en un assemblage de chair, de muscles et de cohésion aérienne, Eric Boudet transforme le geste du danseur en une sorte de lettrage, comme s’il captait un signal et en deux temps trois mouvements, il a signé un message avec des bras et des jambes comme un tag numérique de la représentation, de la danse et du savoir faire de tous ses auteurs.
Dans la pénombre ou la lumière ce sont des lettres qui apparaissent dans les arrondis de la gestuelle, des membres tendus et de la performance anatomique comme une multitude de mots dont toutes les significations convergent vers une évidence appelée : le talent.
Avec ses miracles picturaux et silencieux, Eric Boudet apporte à la danse contemporaine ce dont elle à besoin pour exister, un témoignage et une finalité imagée et devient un atout inconditionnel et indissociable de cet art du corps et de l’esprit.
Marc BOUDET

Dans les yeux des photographes, il y a souvent les images d’un quotidien que nous ne voyons même plus. Dans les yeux des grands photographes, il y a aussi et surtout l’éternité magique de l’instant, la recomposition rêvée du présent.
Eric Boudet fait partie de ces photographes du rêve, de ceux qui n’ont pas peur de transformer la réalité pour la sublimer, qui ont compris que l’amour des images n’est pas seulement narcissisme contemporain et qu’il peut être compréhension intime du réel. Aussi logiquement, est-il attiré par l’extraordinaire richesse de la danse contemporaine, à la fois intime et épique, réelle et magique, cruelle et tendre. Et si mouvementée ! Car que serait un Eric Boudet sans le mouvement, l’extrême pari de la photographie, le mythe absolu du photographe qui marche les yeux rivés à la lune. Une photographie qui bouge, qui explose le cadre, s’évertue dans le flou, expérimente ses limites pour finalement s’accrocher au rêve. Une photographie d’amour de la photo, de la quintessence humaine incarnée par la danse, sensuelle dans ses douleurs et violente dans son face à face cru avec le monde. Une photographie tellement contemporaine : à voir, à sentir et même à écouter, car elle frémit !
Maya Collombon (journaliste) |