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photo M.Pinède

photo M.Pinède

photo M.Pinède

Mathieu Pinède [Tag]
Matoony ou l'art de pousser des cris de couleurs

Du 24 mars au 3 avril 2004 - espaceculture
Vernissage jeudi 25 mars à 18 h
espaceculture 42, la Canebière 13001 Marseille

Pour certains il est "Matoony", une signature sur un mur ou un graffiti sur la devanture d'un tatoueur marseillais. Pour d'autres, il est Mathieu Pinède, jeune artiste phocéen, difficile à classer dans une catégorie tant sa palette graphique est large.

Pourtant, il se revendique graffeur (de graffiti) parce que ses premières émotions visuelles viennent de là. "De cet art pauvre et populaire qui n'a pas les moyens d'entrer dans les salles d'exposition ou les musées et qui s'expose dans la rue"
Ces rues, il les arpente très tôt, les yeux rivés sur ses cris de couleurs bombés anonymement sur les murs parce que réprimandés par la loi.

Son rapport à l'image est bien plus ancien.
Il vient de l'enfance lorsqu'un vieux monsieur, féru de Beaux-Arts, l'a initié à la peinture en lui enseignant les règles de base du dessin. Il vient ensuite de son désir de poursuivre l'expérience en intégrant une école d'arts appliqués. Il vient enfin de sa volonté, après la découverte du graffiti, de pousser un peu plus loin l'exploration de sa passion en s'intéressant à la bande dessinée, l'infographie ou la 3D.

C'est le graffiti qu'il a choisi de montrer aujourd'hui "en emmenant ces murs dans un endroit plus conventionnel parce que le graffiti est un art urbain et qu'il devait rentrer avec son support à l'intérieur" .
Tout est là, d'ailleurs, pour donner l'impression que la rue est entrée dans "la place" : la matière murale qu'il pose sur son support comme on apprête une toile, les peintures qui apparaissent par superposition de couches et surcouches de couleurs, les bouts d'affiches arrachées dont il reste encore quelques bribes lisibles, les slogans rageurs gribouillés sur les murs.
Des murs que l'on ne détruira pas parce qu'ils sont devenus le support d'un message éthique, philosophique et politique, des peintures que les brigades de nettoyage ne feront pas disparaître parce qu'elles sont devenues oeuvres d'art.
Une manière pour lui d'en finir, peut-être, avec la souffrance. Celle d'exister partout sur les murs de manière anonyme sans être autre chose qu'un "petit jeune qui fait des conneries et vandalise les villes de manière pacifique".
Une manière pour nous de découvrir cet art peu reconnu et d'essayer de trouver le lien qui manque entre les murs désespèrement gris de nos villes et les rêves désespèrèment colorés de ceux qui les habillent.

Consultez son site http://www.graphbygraff.org pour en savoir plus.


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spacer espaceculture // 42, La Canebière - 13001 Marseille // Tél. : 04 96 11 04 60