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Anne Foti
« Les Porteurs de fil » [photographie]
> du 2 au 14 septembre 2005
Vernissage vendredi 2 septembre à 18 h

Anne Foti a 30 ans, elle vit et travaille à Marseille où elle se consacre à la réalisation et à l’édition de «Livrimages » poétiques.

Pour Anne Foti, les mystères sont de doux amis que l’on entrevoit, silhouettes étirées, éthérées, sérieusement accaparées par leurs jeux et leurs danses. Surpris dans un autre temps, éternellement mouvants sur un autre versant de nous-mêmes, ces complices gracieux restent à nos yeux flous, incertains et pourtant si puissants dans leur étrangeté, si indiscutables dans leur élévation. Il y a là toute « la magie des photographies qui parfois surprennent les doux affairements d’un timide autre côté », comme elle l’écrit.

La photographie est à la fois un révélateur, un débusqueur de fantômes et un outil d’écriture. Le flou et le grain ne sont pas des moyens justifiés par une fin quelconque mais une réalité, celle des univers photographiés. Ainsi sont les personnages, les danseurs, les porteurs de fils. Ainsi sont, quelque part ailleurs, nos âmes. Il fallait, là et maintenant, les saisir avant qu’ils ne s’évaporent. De là un récit aérien et flutté, un délié enivrant, une fraîcheur nouvelle. « Je voulais la photographie comme un 6e sens. Je voulais savoir si, au-delà de ce flou que nous nommons « réel », subsistaient les traces d’un insaisissable, de cette coïncidence qui fait notre participation au monde » dit-elle. « Alors les angles des photographies ont entaillé le visible et fait de l’imaginaire un univers tangible ».

Venue d’une écriture qui évoque immanquablement la photographie, c’est tout naturellement qu’elle s’est tournée vers l’image pour raconter d’autres histoires et permettre d’autres incursions dans les au-delà. «J’aime offrir en photos des évocations de story-boards dont le spectateur peut se faire le réalisateur particulier et unique » dit-elle.Pour Anne, « Les angles des photographies viennent par endroit entailler le visible et font de l’imaginaire un univers tangible » et si aujourd’hui elle fait la preuve par l’image, le mot reste la brèche par où doivent se déverser les visions d’un insaisissable.

Les photographies de l’exposition « les porteurs de fil » se retrouvent d’ailleurs, avec d’autres, dans un livre éponyme dont le texte est lui aussi une fenêtre mouvante sur une autre réalité, un concret imaginaire, peut-être une autre vraie nature du monde. Les prévisions qui l’émaillent font l’objet, à l’occasion de l’exposition, d’un jeu tirage au sort, petit clin d’œil à la magie des anges.

Se référant souvent aux poètes Jean Cocteau et Jean Genet, Anne Foti cite ce dernier à propos de la vraie raison qui sous-tend son travail : « la poésie est rupture (ou plutôt la rencontre au point de rupture) du visible et de l’invisible ».

Passant par l’argentique, du numérique au polaroid, saisissant la vidéo pour que le mouvement devienne le texte, le moyen est ici sans importance, le but étant de saisir et retenir la vibration qui fait notre participation au monde, qui fait que dans les interstices des fils nous relient à un idéal.

Prévisions chorégraphiques : Et si des fils pendaient, de ça de là, partout en multitudes, tenus du haut du ciel par des mains silencieuses, en suspension amoureuse ou d’un jeu dont on serait la balle ?

Synopsis : On s’amusait à ce qu’il fasse toujours beau, toujours parce qu’il nous manquait l’idée de la laideur. Tout était gris-blanc-gris avec un peu de sombre à part les fils qui étaient différents mais on ne pouvait pas le dire, on n’avait pas de mots pour ça.
Sur l’écrin transparent, se donnaient à la sauvette, comme aux angles des rues se font les caresses interdites, nos courbes aux parallèles. Tout autour de l’attente se glissait le secret de l’irréalité et d’un autre versant, d’un mur ou d’un espace en abondance, nous passerons par des mots sans nom et par la laine lourde noire.
Maladroits sont les yeux qui ne voient parmi nous qu’un tour de marionnette tant les histoires font des spirales qui résonnent si loin.

BIOGRAPHIE :
2005
• Collection printemps : Poésies et Photographies à transporter partout.
2004
• Les porteurs de Fil, écritures photographiques et mise en texte.
2003
• Lauréate du concours de photographie Photorum sur le thème de l’envers du décor.
• Publication dans la revue littéraire La femelle du requin d’une nouvelle intitulée Table rase.
2002
• Premier prix du concours de nouvelles 3 heures pour écrire, association Jpresse, dans le cadre du festival Lire en fête.

Pour la contacter : apartanes@free.fr


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spacer espaceculture // 42, La Canebière - 13001 Marseille // Tél. : 04 96 11 04 60