Exposition « Trace of see » de Dror Maayan [photographie]
>du 2 au 20 juin
Vernissage vendredi 13 juin à 18 h
Traces de la mer
Dror Maayan marche sur la plage et tente de définir l’essence même des limites à travers l’observation et la photographie. C’est ici que tous les éléments se rejoignent : l’eau et le ciel, le sable et les vagues, l’homme et la nature, la nature et l’homme et sa propre nature, ainsi que la beauté sublime et la laideur la plus impudente.
« Traces de la mer » représentent selon ses propres paroles « toutes ces choses autour de la mer qui entrent en contact avec elle, qui y pénètrent et qui en sortent….Pareils à des symptômes de maladies, ce sont également toutes ces choses que la mer recrache après que nous l’avons forcée à les avaler, ou encore ces particules organiques qu’elle digère et qu’elle restitue.
Le travail de Dror Maayan est comparable à celui des cadreurs de cinéma. Il évalue la réalité apparente à partir de différentes distances allant du panoramique au gros plan extrêmement détaillé. C’est pour cette raison que la photo intégrale est composée de plusieurs couches d’informations dont la réaction offre un assemblage complet qui présente le sujet sous ses différents aspects. Cette façon de voir les choses démontre qu’observer un paysage à une certaine distance peut être trompeur, et qu’il est nécessaire de s’en approcher au plus près afin de saisir la réalité avec tous ses détails et instantanés, peu importe leur beauté.
Un paysage dramatique et sublime dans lequel une surface scintillante croise un lourd amas de nuages et crée ainsi une stimulante image orageuse propose une possibilité idéale, un présent expressif, et pourtant, toute la vérité n’est pas dévoilée. Ainsi, les photos de Dror Maayan se nourrissent de la tension qui existe entre le regard sur le vaste paysage et l’attention portée à des détails de ce même paysage, qui se trouvent juste sous votre nez, et qui nous mettent face la triste histoire dans laquelle nous autres humains participons à la destructions de notre propre monde.
Est-il possible d’associer ces photos au cliché qui prétend que la beauté existe en toute chose et que le rôle de l’artiste est de la faire ressortir à travers son œuvre créatrice ?
Peut-on parler de beauté concernant un sac de crevettes que la mer rejette sur le sable, ou alors la beauté est-elle imprégnée dans l’idée ironique et provocatrice même que cette vision suscite en nous ? Il semble que Dror Maayan réponde avec une large gamme de sentiments et de pensées : Il s’est engagé à décrire de tels gâchis ainsi que les restes de vie fabriqués à la fois par la nature et l’homme, tout en refusant d’abandonner l’idée de pouvoir être surpris et émus par la vision de la beauté, de la splendeur et de la puissance.
Peter Henry Emerson (1856-1936), considéré par beaucoup comme le père de l’école naturaliste revendiquait que la photographie est un art indépendant avec des propriétés uniques, qui devait être mis à profit et souligné. Il refusait d’assimiler la photographie au dessin, à la gravure ou à la peinture.
Il continua fermement à revendiquer que toute personne incapable de reconnaître des « images » dans la nature ne pourrait jamais devenir photographe artistique.
Dror Maayan œuvre manifestement dans cet esprit et il paraît légitime d’affirmer que les principes de la photographie naturaliste du début du XXe siècle sont en harmonie avec sa personnalité.
Il photographie directement le sujet sans masque ni effet d’artifice, sans l’accabler d’aucune interprétation, sans user de jeux de lumière.
Il s’agit de photos simples et directes, sans intention de souligner les affectations du photographe, mais de capturer et d’encadrer les images prisent par le regard de l’appareil.
Dans le cadre de « Regards sur le cinéma israélien » - 8ème édition
[Une programmation Centre Fleg / FSJU / Consulat Général d'Israël à Marseille]
Courriel : madror@zahav.net.il
Site internet : www.maayandror.co.il |