Anne Barroil est née en 1970 dans la Drôme.
Après un Doctorat en Electrochimie obtenu à Grenoble en 1998, elle a travaillé 5 ans en région parisienne dans l'informatique (développement d'applications).
Depuis juillet 2005 elle habite Marseille et se consacre entièrement à la photo.
Elle a commencé la photo relativement tard (à 24 ans), avec le Voitlander de sa mère.
Après des débuts en argentique, elle passe au numérique. Cette transition a été pour elle une révélation : « Je me suis sentie complètement libérée de la contrainte liée aux coûts des travaux photos argentiques . Ceci m'a permis de commencer à réellement m'exprimer en photo, à me lâcher et à faire toutes les photos que j'ai envie de faire ».
Depuis un peu plus d’un an, Anne montre ses photos lors d’expositions ainsi qu’en participant à des marchés de créateurs ou d’artistes.
Thèmes
Anne Barroil a commencé la photo par les "matières" et les "textures" principalement.
Elle a toujours une préférence très marquée pour les détails plutôt que pour l'ensemble, pour les choses et lieux qui ont du vécu plutôt que pour le neuf, elle aime jouer avec les lignes, les matières, les couleurs. Peu à peu, elle s’approche de l’humain par des détails, des flous…
« On me dit parfois que je vois des choses que les autres ne voient pas. »
L'envie qui déclenche la prise de vue est chez elle guidée par sa notion du « beau »
Elle est restée longtemps à se laisser guider par ses envies, ses photos s'articulant d'elles-mêmes autour des thèmes de prédilection du moment.
Actuellement, elle est plutôt dans une démarche et travaille 4 projets principaux : « Les couleurs et les ombres de la nuit », « Eté », « Empreint de vie » et « Marseille : Artisans et traditions ».
« L'esthétique reste la raison d'être de mes photos. »
Beauduc, d’un était à l’autre
Beauduc, un lieu unique, comme perdu au bout du monde. Un village populaire et rebelle de cabanons, construits de bric et de broc. Tour à tour vivant puis désert, l’énergie estivale y rayonne encore tout au long de la basse saison.
C’est dans décor empreint de nostalgie qu'Anne Barroil invite le spectateur à laisser vagabonder son imagination. A découvrir des instants de vie figés par l’arrivée de l’hiver : vaisselle et torchon abandonnés sur une table, vestiges du dernier repas pris avant le départ ; résultats des travaux manuels ayant occupés les jours trop ventés pour sortir ; objets glanés ça et là lors de balades le long de la plage destinés à la décoration ; poupée jetée en l’air par des enfants chahutant et restée accrochée dans les branches d’un arbre…
L’œuvre du temps, du vent et de l’air chargé d’embruns y est admirable. Beauduc est le royaume de la rouille, des planches en contre plaqué délité, de la peinture qui s’écaille… La nature tend à reprendre ses droits, l’état aussi. Mais en la matière, les saisonniers du lieu entrent en résistance. Ils consolident, retapent, colmatent les cabanons avec des matériaux de récupération, en marge de la société industrielle et de consommation.
Vivre à Beauduc c’est être dans un autre monde. Un des bouts du monde. |