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Née à Marseille en 1975, Laure Gardner a commencé pendant son adolescence à photographier ses amis et ses frères.
Après une formation dans l’audiovisuel terminée en 2000,la passion de l’image s’est concrétisée par un métier qu’elle exerce aujourd’hui, derrière la caméra ou un banc de montage, pour la télévision ou des courts-métrages qu’elle réalise comme Fairy et Cabaret Clown.
Ses photographies de la citadelle d’Ibiza sont exposées au Webbar en 2002 lors d’une soirée Jeunes créateurs qui réunira près de 600 personnes.
Habituée depuis ces 7 années au flux de 24 images/seconde, elle revient régulièrement à la photographie afin de marquer une pause, de condenser le sens dans des instantanés, de saisir une atmosphère, un regard… une âme dans un monde où place est faite au mouvement permanent, à l’image animée.
Depuis 2004, lors de voyages au Laos, à New York, en Ecosse, à Cuba, elle entreprend de capturer les âmes dans des portraits, d’interroger les lieux, pays où des enjeux à venir sont en suspend mais bel et bien présents.
Elle revient de Cuba en 2007 avec l’exposition « Cuba d’ouest en est ».
CUBA d’ouest en est…
"Janvier 2007. J’attendais Cuba depuis longtemps déjà.
En sillonnant l’île de la Havane à Santiago, j’y ai trouvé un pays coloré, baigné de soleil et de musique, un parfum de nostalgie, et l’attente aussi…
Que le soleil baisse, que l’occidental passe, que Fidel réapparaisse, que la communication se fasse, que je donne mon adresse…
Un peuple nourri oui, bien soigné, réglementé, souriant et acceuillant, mais qui manque à peu près de tout le reste.
C’est au travers d’un périple d’ouest en est que j’ai pu prendre la température, kilomètre par kilomètre, prenant en stop les dizaines de cubains dont je croisais la route.
Le fruit des discussions est alors édifiant : le mythe est mort pour les anciens , furieux contre l’Etat mais se résignant par la force des choses, les jeunes croient que la façade est sauve, mais cela ne prend pas. Endoctrinés depuis leur naissance ils sont souriants mais muets, l’œil suspicieux .
Les files interminables devant les rares web cafés, les connexions clandestines chez les habitants les moins pauvres, les tee-shirts à
l’effigie des G.I. sur tous les torses sont pour moi des signes avant-coureurs.
Raul fait de l’œil à l’Amérique, les filles rient et vont avec des blancs de l’Occident, Cuba veut ressusciter, même avec des dollars,oui, mais à quel prix ?
Comment ce peuple en survivance peut-il résister et garder son âme entre la déception de l’idéal et le bouleversement politique et économique imminent qui va les dévorer lorsque les Etats-Unis entreront en sauveurs avec des dollars encore une fois ?
Ils y sont déjà, eux et les européens, mais pour l’instant ils n’achètent que les filles…"
Laure Gardner |