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exposition
> du 2 au 21 octobre
Vernissage vendredi 9 octobre à 18 h
« COCONS de Soi... »
Josée Tourrette [peinture]
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![Nadine - Exposition « COCONS de Soi... » Josée Tourrette [peinture]](Nadine.jpg)
![Cocon - Exposition « COCONS de Soi... » Josée Tourrette [peinture]](coc.jpg)
![Perle - Exposition « COCONS de Soi... » Josée Tourrette [peinture]](perle12.jpg)
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Démarche de l'artiste
Archéologie , naissance et renaissance.
Donner à voir ce qui vient des profondeurs de soi n’est pas fortuit; exposer c’est oser, c’est prendre le risque d’affronter le regard d’autui, avec ses différences, ses questionnements, ses refus. C’est pourtant par cette rencontre que l’oeuvre acceptera de vivre ou de mourir.
Le sens de la peinture se révèle en effet dans l’engagement intime, un être-là qui permet une pause dans le tumulte de la vie avant de seulement espérer réintégrer son propre temps.
Après avoir longtemps représenté des visages d’enfants entourés de formes souples, sphériques et ovoïdales, j’ai fait le choix de ne m’intéresser qu’à ces dernières… Le fond n’est plus là pour révéler le sujet, il est libéré et occupe toute la scène.
Mon regard a élu une infime portion du visible se résumant à des cocons, des bulles, des oeufs, des ballons, des gouttes d’eau, des perles, qui sont devenus le support d’une symbolique particulière.
Ces éléments sont en suspens dans une spatialité singulière qui crée une modulation continue, vulnérable, inachevée…
On peut distinguer trois axes dans cette recherche du symbolique :
- L’eau, source de vie …
- Le corps caché: les fluidités, les ovules, les membranes …
- Les “secousses” du monde.
Je peins avec une extrême minutie, me référant par là aux artisans du Moyen-Age, les enlumineurs.
J’envie leur dextérité, leur gestuelle rigoureuse, leur patience dans le répétitif, comme si chaque geste, à chaque instant, devait supporter et traduire le poids de leur âme.
J’admire leurs arabesques décoratives, les entrelacs, le dessin des mandorles, le graphisme élégant des drapés.
Je pratique les modelés sans heurts, par touches imperceptibles qui traduisent la légèreté du geste. Mon pinceau effleure doucement la toile, cherchant à rendre de la façon la plus lisse possible les brillants et les rondeurs.
Les lignes résolument souples sont dessinées d’un seul élan, sans hésitation.
“Errance ronde et sûre d’une courbe qui enlace, léger fouillis comme de brindilles, ou construction faite d’angles et de droites, peu importe, le dessin est toujours ce qui vient en premier, ce qui est supposé jaillir de rien.” Jean-Christophe Bailly, L’Atelier infini. |
J’ai toujours été fascinée par la pureté du cercle. Sa forme exprime plénitude, harmonie et mouvement, sa circonférence symbolise l’univers sans commencement ni fin.
" La terre est une sphère , les astres et les atomes aussi…
Le caillou roulé par la rivière s’arrondit et lorqu’on le jette dans l’eau il dessine des cercles, l’arc-en-ciel en amorce un.
Autrefois les hommes faisaient des maisons rondes, les bories et les igloos en témoignent. Les yourtes, les tentes des nomades, les huttes africaines ont conservé cette tradition. La voûte, de plus en plus rare, est la dernière trace du cercle dans nos architectures.
Et pourtant… sur terre, énergies et matières partent de la sphère, et de sa forme proche, l’oeuf.
Cercles, sphères et oeufs sont parfaits, symboles d’équilibre et de plénitude.” (Adèle Deborde – Les jardins essentiels)
L’oeuf est le lieu de toutes les énergies, il est réalité primordiale qui enserre tous les souvenirs, tous les devenirs.
Il représente la puissance créatrice et le symbole de la naissance du monde dans toutes les grandes civilisations : celtique, grecque, chinoise, tibétaine … Dans l’Egypte ancienne, il était " le modeleur des chairs ” .
Dans notre vécu immédiat il véhicule les forces symboliques de repos et de sécurité, comme le nid, le cocon, le sein de la mère. Mais il est aussi aussi lieu de tensions, contradictions, conflits intérieurs : de la bulle protectrice, le vivant aspire à sortir, pour jouer sa partition prométhéenne, dialectique de l’être libre et de l’ être enchaîné.
L’eau très souvent évoquée dans ma peinture est présente au début de la vie, elle l’accompagnera ensuite, permettant au quotidien sa réalisation et son extension. Principe liquide, l’eau appartient ainsi à la grande famille des fluides, sang, boues, suspensions, émulsions. Une véritable mécanique interne qui agite convulsivement le corps dans ce qu’il a de plus intime et de plus caché, de plus mystérieux aussi. Le dérèglement de cette mécanique peut aussi se manifester dans des paradoxes aléatoires qui interrogent l’harmonie de l’ensemble. Ainsi le corps maquillé par les obligations sociales peut soudainement se révéler menacé, intérieurment torturé, rompant avec son habitude d’être extérieurement glorifié. Ceci vaut pour le corps, mais aussi pour toute choséité en général.
Josée TOURRETTE
Site internet : www.josee-tourrette.com |
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