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>> Ibn Rochd
ABÙ AL-WALID IBN ROCHD
Cordoue 1126 - Marrakech 1198
Né à Cordoue en Espagne en 1126, Ibn Rochd est initié très
tôt par son père, Cadi de la ville, à la
jurisprudence et à la théologie. Il étudie ensuite
la physique, la médecine, l’astrologie, la philosophie
et les mathématiques. Sa vie mouvementée se partage alors
entre Cordoue, Marrakech et Fès.
Magistrat influent, il réforme l’administration de la justice à Marrakech
et devient le médecin attitré de princes influents. Grâce à cette fonction, il échappe
aux ennuis que lui valent ses partis pris
philosophiques. Il rédige un traité de médecine en
latin [Colliget], qui lui apporte la notoriété.
Mais ce sont ses commentaires sur Aristote qui le rendront célèbre.
Il consacre alors toute sa vie à l’œuvre du philosophe grec. Il cherche à en
retrouver le sens originel en la débarrassant de toutes
les interprétations faites jusque-là et se l'approprie avec
assez de pénétration et de puissance
pour construire un système qui porte sa marque personnelle. Sa réflexion
le conduit à séparer radicalement
raison et foi, les lumières de la Révélation n’étant
accessibles qu’à l’intellect actif.
Ces doctrines philosophiques soulèveront des débats passionnés
dans le monde chrétien et trouveront
presque autant de disciples que d'opposants. La tendance à séparer
la raison et la foi comme
relevant de deux ordres de vérité distincts risquait de ruiner
les efforts de ceux qui voulaient au
contraire concilier, à travers Aristote, le savoir profane et la
foi révélée. Les principes d'Ibn Rochd,
considérés comme dangereux, seront finalement condamnés
par l'Église en 1240, puis en 1513.
C'est dire l'influence considérable du philosophe arabe en Occident,
notamment dans les écoles
médiévales.
Condamné en son temps par la religion musulmane qui lui reproche
de déformer les préceptes de
la foi, Ibn Rochd doit fuir, jusqu'à ce qu'il soit rappelé à Marrakech,
où il meurt, réhabilité, en 1198.
Aujourd’hui, son œuvre est largement commentée. Elle
est traduite dans de nombreuses langues.
En 1997, le cinéaste Youssef Chahine a proposé une version
cinématographique librement adaptée
de la vie d’Ibn Rochd dans son film Le destin pour lequel il a reçu
le Grand Prix du Festival de
Cannes.
Principales œuvres d’Abù Al Walîd
Ibn Rochd dit
Averroès
> Kitab fasl el maqal [Le discours décisif]
> Commentaires sur la métaphysique de l’œuvre d’Aristote
> Bidayat el mujtahid oua nihayat el muktasid
> Al kashf ‘an manahij al-‘adilla
> Tafsir ma ba’d at-tabi’at
> Tahafut at-tahafut [réplique d’Ibn Rochd au « tahafut
el falasifa » d’al Ghazali]
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