|
|||||||||||||||
> Visiter le site d'espaceculture
et retrouver toute la programmation culturelle de Marseille |
L’entreprise coloniale ne s’est pas simplement exercée sur un plan matériel ou militaire, elle s’est très largement déployée sur un plan symbolique. Les vainqueurs ont su faire prévaloir leur regard et construire les catégories nécessaires à l’exercice de leur domination, même si ces relations n’ont jamais été univoques. A partir d’une analyse critique des clichés littéraires, photographiques ou cinématographiques produits par l’entreprise coloniale, comment caractériser ces visages de l’Autre en Méditerranée ? L’orientalisme, tel que l’a défini notamment Edward Saïd, est-il la forme pertinente pour caractériser la relation à l’Autre ? Face aux « proxénètes de la sensation du divers », comme l’écrivait Victor Segalen dans son Traité de l’exotisme, d’autres types de relations à l’Autre se sont-elles avérées possibles dans le temps colonial ? La créolisation des usages, des langues et des codes, n’a t-elle pas également vu le jour à cette époque ? S’agissait-il d’illusoires rencontres ou de possibles synthèses ? Comment analyser, avec le recul du temps, l’héritage colonial sur le plan culturel et symbolique ? Quelles conséquences tirer aujourd’hui de ces relations entre cultures héritées du passé ? Face au clash des civilisations, dont la Méditerranée serait un des principaux théâtres, le dialogue des cultures est-il une réponse possible ou un nouvel écran de fumée ? L'analyse des clichés et des stéréotypes qui ont été fabriqués durant toute la période coloniale est indispensable pour comprendre les interactions entre cultures et les jeux en miroirs des représentations qui façonnent encore nos regards dans un temps post-colonial. Tel est le sens de cette 2ème table ronde, à un moment où l'on assiste à une résurgence des discours sur la supériorité d'une civilisation sur une autre. |
||||||||||||||