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Les empires coloniaux ont pris fin en Méditerranée au milieu
du XXème siècle, avec la crise de Suez et la fin de la guerre
d’Algérie. Les indépendances et les décolonisations
leur ont succédé, d’un côté, alors que
de l’autre se mettait progressivement en place la Communauté
européenne. Comment caractériser ces relations d’après
l’empire ? L’Union européenne, qui ne veut être ni une simple coalition d’Etats ni une véritable puissance, a tenté de définir une politique extérieure de voisinage, le partenariat euroméditerranéen. Ce cadre singulier, qui se dit indépendant de la politique américaine, paraît-il approprié, pertinent ? Correspond-il aux attentes manifestées depuis l’autre rive de la Méditerranée ? D’autres configurations de relations internationales, qui ne seraient pas simplement fondées sur des rapports de puissance et de domination, sont-elles envisageables ? Sur quelles bases ? L’Europe, qui avec l’élargissement réalise peu à peu son unité continentale, est-elle en train de devenir une forteresse vis-à-vis de son Sud ? Souhaite-t-elle au contraire devenir une Europe sans rivages qui construit un véritable projet commun avec ses voisins méditerranéens ? Que souhaitent bâtir, de leur côté, les pays du Sud avec l’Europe, une simple zone de libre échange ou bien plus encore ? Quels scénarios en fin de compte imaginer, en ce début de XXIème siècle, pour les relations entre les deux rives de la Méditerranée ? (Thierry Fabre)
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