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Sous le signe d’Averroès
Les Echos du Rocher,
l’horizon musical arabo-andalou

Le 8 novembre, La Criée nous invite à faire la nouba. Pas une fête bruyante et avinée. La vraie, celle qui puise aux sources arabo-andalouses. Avec un maître du genre, Mohamed Taoufik Bestandji.

La nouba, appelée aussi malouf en Tunisie et en Libye est une musique d’un grand raffinement, née dans les cours de Grenade, Séville et Cordoue, dans l’Andalousie du IXe siècle quand juifs, chrétiens et musulmans vivaient dans l’harmonie. C’était un moment très festif et convivial qui reposait sur de la musique à la fois savante et populaire, entrecoupée de poèmes chantés.
Cette tradition s’est perpétuée de maître à élève. Mohamed Taoufik Bestandji, que nous pourrons voir le 8 novembre en concert à la Criée, est l’un de ses plus brillants descendants. Il est notamment l’héritier de Cheikh Ahmed Bestandji (1889-1946), grand virtuose réformateur. Il revendique également l’influence prépondérante d’un monument de la musique constantinoise : Raymond Leiris (1912-1961). Ce maître, de mère chrétienne et de père juif, réconciliait, par son art, les trois communautés. Son beau-fils, Enrico Macias, s’est d’ailleurs associé, il y a quelques années, à l’orchestre de Taoufik Bestandji pour lui rendre un vibrant hommage.
Taoufik Bestandji reprendra le répertoire et l’esprit légués par Cheikh Ahmed Bestandji et par Cheik Raymond Leiris. Comme ses illustres prédécesseurs, il n’a de cesse de renouveler la matrice musicale arabo-andalouse en y associant des sonorités très diverses, empruntées autant aux musiques citadines populaires qu’aux formes les plus savantes. De plus, sa voix inimitable, douce et pénétrante, est particulièrement efficace pour évoquer l’ivresse, la séparation, la fin d’une nuit de jouissance ou la sublimation de l’aurore. Etant lui même virtuose, il s’appuie sur un ensemble parfaitement soudé, l’orchestre Andalou Les Cirtéens. Violon, luth, cithare, flûte et autres tambourins composent un écrin mélodique qui exacerbe les sensations et rend la nouba définitivement intemporelle.

Samedi 8 Novembre, 20h
Théâtre National de Marseille
La Criée
Les Echos du Rocher