> Les tables rondes :

Les Rencontres d’Averroès face aux écarts grandissants
Pourquoi De la richesse et de la pauvreté entre Europe et Méditerranée comme thématique des XIIe Rencontres ? Pour dire très simplement les choses, répond leur concepteur Thierry Fabre, cette pauvreté de plus en plus grande, face à une richesse elle-même toujours grandissante est une situation qui m’est devenue insupportable. L’indifférence n’est pas admissible, ni d’ailleurs possible. L’Europe ne peut pas être une forteresse de prospérité repliée sur elle-même, à l’abri d’on ne sait quelle ligne Maginot. Quant à une attitude de compassion, elle est passive et insuffisante.
Alors que faire ? Pour agir, il faudrait d’abord savoir ce qui produit de la richesse et de la pauvreté.
Or, reprend Thierry Fabre, les explications que l’on donne aujourd’hui sont essentiellement d’ordre économique. Mais les sociétés humaines ne peuvent pas s’organiser uniquement sur l’économie. Et de souligner que le « tout économique » s’est trouvé particulièrement inopérant dans l’espace euro-méditerranéen : dix ans après les accords de Barcelone, qui scellaient un partenariat entre rive Nord et rive Sud pour créer à terme une grande zone de libre-échange, c’est le désenchantement qui prévaut.
Ces accords reposaient sur l’idée que le commerce pacifie les relations, que les échanges sont facteurs de paix et développement commente encore Thierry Fabre. Mais ce qui s’est avéré vrai pour l’Europe ne l’est pas forcément en Méditerranée.
Je dis toujours que je suis le premier spectateur des Rencontres, poursuit-il. C’est encore plus vrai cette année ! Parce que je me sentais démuni par rapport à ce problème majeur, et parce que je voulais comprendre, j’ai eu l’idée d’en faire la thématique d’Averroès 2005.
Ce sentiment s’est trouvé renforcé par d’autres facteurs. D’abord la découverte des travaux d’Amartya Sen, professeur d’économie politique à Cambridge et Prix Nobel, pour qui l’économie doit être une science morale, indissociable d’une approche philosophique et politique. Il y a eu ensuite la rencontre déterminante avec Majid Rahnema, flamboyante personnalité qui a beaucoup réfléchi sur ces questions . Enfin, à travers les récents événements de Ceuta et Mellila, l’actualité s’est chargée de donner à cette question un terrible caractère d’urgence.

Les Rencontres d’Averroès 2005 s’articuleront autour de trois tables rondes. La première remontera dans le passé pour voir comment les notions de richesse et de pauvreté ont été perçues à travers l’Histoire. La seconde, fondée sur l’économie politique, tentera de remettre en cause la grille de lecture qui sert aujourd’hui à analyser les relations entre Europe et Méditerranée. La troisième enfin ouvrira sur l’avenir en s’interrogant sur d’autres formes possibles d’organisation économique et d’autres systèmes de valeurs.
Une vivifiante perspective !

Trois tables rondes pour penser la Méditerranée des deux rives :
> Ière table ronde

Vendredi 11 novembre de 14 h 30 à 16 h 30
Richesse et pauvreté, quels visages à travers l’histoire ?
animée par Emmanuel Laurentin [France Culture]
> 2ème table ronde
Samedi 12 novembre de 10 h à 12 h
Richesse et pauvreté, écarts grandissants ou convergences possibles ?
animée par Dominique Rousset [France Culture]
> 3ème table ronde

Samedi 12 novembre de 14 h 30 à 16 h 30
Richesse et pauvreté, quelles valeurs pour demain ?
animée par Thierry Fabre [concepteur des Rencontres]

> Les Rencontres d’Averroès seront diffusées sur l’antenne de France Culture samedi 3 décembre de 15 h à 18 h.
> Vendredi 11 novembre
En direct et en public du Théâtre de La Criée
12 h à 13 h
« Tout Arrive » par Marc Voinchet
18 h 30 à 19 h 30
« Travaux Publics » par Jean Lebrun
19 h 30 à 20 h 30
« Le Rendez-vous des politiques » par Ali Baddou

FRANCE CULTURE
99.0 / 98.6 fm
Site Internet : www.franceculture.com

En parallèle, les soirées « sous le signe d'Averroès » se dérouleront 3 au 13 novembre à Marseille, Aix-En-Provence, Avignon, Digne, La Garde, Manosque & Martigues.


réalisation : Laurence Fillon [espaceculture] / visuel original : Georges René / Texte : Jeanne Baumberger