| >
Les soirées "Sous le signe..."
Soirées « Cinéma
& littérature »
> Projection du film
« Ali Zaoua, prince de la rue » et rencontre avec Mohamed
Hmoudane
> Projection du film « Femmes
précaires» et rencontres

| «
ALI ZAOUA,
PRINCE DE LA RUE »

Ali, Kwita, Omar et Bubker sont des enfants
des rues, amis « à la vie à la mort ».
Leur « maison », c’est le port. Un jour,
au cours d’un affrontement avec une bande rivale, Ali
est tué. Alors ses trois amis décident de l’enterrer
comme il le mérite, comme un prince.
Le cinéaste marocain Nabil Ayouch a décidé
de faire ce film après avoir rencontré une femme
exceptionnelle, le docteur Najat M’jid qui, à
Casablanca, se bat depuis plusieurs années pour la
réinsertion des enfants des rues. Il a suivi son équipe
d’éducateurs et pénétré
ce monde parallèle, pour comprendre la vie de ces enfants,
connaître leurs codes, leur schéma de pensée,
leur relation à la société. Pour trouver
ses « acteurs » aussi, et si possible, les sortir
de la rue. Mais, dit-il,
Ali Zaoua n’est pas qu’un
plaidoyer. C’est surtout un conte urbain qui alterne
réalité crue et onirisme affirmé. J’ai
voulu que la réalité soit au service de la fiction,
qu’elle la nourrisse pour devenir l’expression
d’un rêve, celui d’Ali Zaoua, symbolisé
par l’île aux deux soleils, et qui n’est
rien d’autre, en définitive, qu’un rêve
de normalité.
Nabil Ayouch a plus d’une fois failli abandonner le
projet. Mais le docteur M’jid l’a constamment
persuadé de la nécessité de le mener
à terme. Humainement et artistiquement, le pari a été
gagné. Ali Zaoua et ses amis peuvent aujourd’hui
s’asseoir aux côtés de Los
olvidados.
|
 |
LE «
FRENCH DREAM »
DE MOHAMED HMOUDANE
Parallèlement à la projection d’Ali
Zaoua prince de la rue, il est proposé une
rencontre avec Mohamed Hmoudane. Né en 1968 dans
le village d’El Maâzize, au Maroc, cet écrivain
a émigré en France en 1989, un
parcours du combattant doublé d'une quête
poétique sans concessions qui l'a amené
à publier plusieurs ouvrages où s'impose d'emblée
une voix singulière et puissante. Parmi ses livres
les plus récents, on peut citer Attentat
[La Différence 2003], Incandescence
[Al Manar, 2004] ou encore Blanche
mécanique [La Différence, 2005].
Il vient de publier, toujours aux éditions de la
Différence, un premier roman remarqué, French
dream, pendant hexagonal du fameux « rêve
américain ». Faut-il,
nous dit Hmoudane en substance, être
né au Maroc, être arabe, avoir risqué
sa peau en passant le Détroit, subi vexations et
humiliations de tout poil afin de ne pas crever de faim
dans le beau pays de France ?
Il y a dans ce French dream
une jubilation à exister, à résister
qui s’échappe de chaque page. La lucidité
est constante, ainsi que l’humour qui permet de faire
reculer le désespoir. Un magnifique premier roman.

Mercredi 9 novembre, 20
h 30
Manosque
Cinéma Le Lido
• Le film : Ali
Zaoua, prince de la rue de Nabil Ayouch, 1999
• L’invité
: Mohamed Hmoudane
pour French dream
[éd. de la Différence]
En collaboration avec Les Correspondances de Manosque et
la librairie Le Poivre d’âne.
|

«
FEMMES PRÉCAIRES
»

Depuis ses premiers reportages, en1966,
pour Cinq colonnes à la
une jusqu’à Envoyé
Spécial, Marcel Trillat a largement arpenté
la société française et les conflits
internationaux sans déroger à ses convictions
et à son éthique. Un engagement qui lui a valu
d’être remercié en 1968, écarté
par la droite en 1986, mis à l’index par la CGT
en 1980 et placardisé par la gauche en 1991 !
Marcel Trillat s’est orienté depuis quelques
années vers le longmétrage documentaire.
Exaspéré d’entendre à tout bout
de champ parler de la prétendue disparition de la classe
ouvrière, il a entrepris de la montrer. A l’origine,
il devait s’agir d’un seul film en forme de balade.
Mais une des étapes prévues, à la filature
du groupe Mossley d’Hellemmes, a finalement donné
lieu à un long-métrage complet, 300
jours de colère. Ce n’est qu’ensuite
qu’il a réalisé, avec Les
Prolos, son « road movie » à travers
la classe ouvrière. Mais voilà que le film achevé,
il a pris conscience que les ouvrières y avaient la
portion congrue et a alors décidé de réaliser
un troisième volet. Pour ce nouveau film, Femmes
précaires, Marcel Trillat est parti de données
statistiques précises : plus de
3 400 000 salariés travaillent à temps partiel
et gagnent moins que le SMIC.
Dans ce nombre, en constante augmentation, huit sur dix sont
des femmes. De l’ouvrière agricole à la
postière, les cinq salariées qu’il a filmées
avec chaleur ne sont en rien des marginales ; elles font partie
de ces « travailleurs pauvres » dont l’existence
vient d’être officiellement reconnue. En France.
En 2005. |
 |
OBJETS-CHÔMAGES
UN LIVRE SOLIDAIRE
La projection de Femmes
précaires, en présence de Marcel Trillat,
sera accompagnée d’une rencontre avec l’écrivain
Arnaud Cathrine et l’éditirice Fabienne Pavia
qui viennent de publier Objets-chômages
aux éditions Le bec à l’air. Réalisé
avec l’association Solidarités
nouvelles face au chômage, ce livre donne la
parole à des chômeurs, mais de très
singulière façon. Une quarantaine d’entre
eux, hommes et femmes de tous âges et de toutes origines
sociales ont en effet été invités à
associer à leur situation un objet qui la symbolise.
Et c’est cela qu’a photographié Karine
Lhémon. Accompagné d’un texte d’Arnaud
Cathrine, Objets-Chômages
est sans doute le premier « beau livre » à
aborder ainsi ce sujet tabou.


Jeudi 10 novembre, 20 h
30
Marseille
Cinéma Les Variétés
• Le film :
Femmes précaires,
projection en avant-première, en présence
du réalisateur Marcel Trillat
• Les invités
:
> Arnaud Cathrine,
écrivain & Fabienne
Pavia, éditrice pour
Objets-chômages
[éd. Le bec en
l’air]
> Pierre Barthe
[membre du groupe local de Marseille de l’association
Solidarités nouvelles face au chômage].
En collaboration avec
la librairie Regards.
A savoir
:
jeudi 17 novembre à
20 h 30
Le film « Femmes
précaires », sera également projeté
à Martigues au cinéma Le Renoir en présence
du réalisateur.
|

réalisation : Laurence Fillon
[espaceculture] / visuel
original : George René / Textes : Jeanne Baumberger
|