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Les soirées "Sous le signe..."
Soirée « Musique
& littérature » & concert
> Rencontre avec Majid
Rahnema et concert de l'ensemble Naguila
> Récital de piano de Toros
Can

RENCONTRE
AVEC MAJID RAHNEMA
Ministre des sciences et de l’enseignement
supérieur, puis représentant de son pays aux
Nations Unies, l’Iranien Majid Rahnema a également
été membre du Conseil exécutif de l'Unesco.
Et puis un jour il a quitté tous ces postes importants
pour, comme l’a écrit son ami Ivan Illitch, se
vouer à une exigence : redéfinir les grands
objectifs du développement plutôt que d'en repenser
les moyens institutionnels ou techniques. Se consacrant
désormais à l’enseignement et à
l’écriture, il a notamment publié en 2003
un essai au titre significatif, Quand
la misère chasse la pauvreté [Fayard
/Actes Sud]. Il s’y interroge sur ce qui est, à
ses yeux, le grand scandale des sociétés contemporaines
: comment est-on passé de la reconnaissance et du respect
des pauvres à leur stigmatisation ? Comment a-t-on
glissé de l’entraide quasi naturelle des sociétés
primitives à l’aide, puis à l’assistance
dans nos sociétés qui « produisent »
de plus en plus de pauvres ? Comment un système censé
apporter bienêtre et développement peut-il conduire
à plus de misère, à la destruction des
solidarités, à l’éradication des
cultures locales et nationales ? Les
campagnes visant à l'éradication de la pauvreté
participent à leur façon aux processus de création
de la misère martèle-t-il. Majid Rahnema
appuie ce constat sur son expérience politique et sa
connaissance profonde des sociétés les plus
diverses. Surtout, il analyse en historien l’évolution
de la notion de pauvreté à travers les cultures
et les époques et en appelle à des transformations
radicales des modes de vie et de production. Outre le débat
public de Martigues, Majid Ranhema participera à la
3e table ronde des Rencontres, Richesse
et pauvreté, quelles valeurs pour demain ?, le
samedi 12 à La Criée.
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NAGUILA,
POUR PERPÉTUER
LA TRADITION JUDÉO-ARABE

Photo de l'Ensemble Naguila,
en concert à Martigues
Naguila est un ensemble
de musique judéo-arabe composé de quatre artistes
originaires du Maghreb. Le cantor, André Taïeb,
est accompagné par Fouad Didi [oud], Mohammed Zeftari
[violon] et Pierre-Luc Ben Soussan [percussions]. Comme
en témoignent les trois disques enregistrés
chez l’Empreinte Digitale [Hallel,
Naguila et Hayam Hagado], la formation s’inspire
d’une tradition qui est née dans l’Espagne
médiévale et qui, après la Reconquista,
a continué à se développer dans tout
le Maghreb. Elle témoigne de l’intrication
des cultures juive et musulmane et de leurs échanges
pacifiques et fructueux au fil des siècles.
Après les indépendances, musiciens et interprètes
se sont toutefois retrouvés dispersés. Et
c’est précisément pour conserver ce
patrimoine musical, et le maintenir vivant, que Pierre-Luc
Ben Soussan a voulu créer Naguila.
Inspiré par Cheikh Raymond, André Taïeb
dévoile dans sa voix profonde l’émotion
engendrée par la douleur de l’exil. En concert
à Martigues le 5 novembre, Naguila
va révéler aux spectateurs la beauté
envoûtante de ces chants traditionnels.

Samedi 5 novembre
Martigues
Théâtre Les Salins
[Salle Au bout de la nuit]
• 19 h - Rencontre
littéraire
avec Majid Rahnema
• 21 h - Concert
de l’ensemble Naguila
En collaboration avec Art Moderne
et la librairie L’Alinéa [entrée libre]
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Le piano de Toros
Can
Pour la première
fois à Marseille, le jeune virtuose propose au public de
la Criée un choix musical des plus exigeants, de Purcell
à Ligeti.

Photo © Hüseyin
Eryilmaz |
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Samedi 12 novembre à
21 h
& dimanche 13 novembre à 17 h
Marseille
Théâtre National de Marseille La Criée
• Récital de piano
de Toros Can
Présenté par le Théâtre
de la Criée, en coréalisation avec Art Moderne
& espaceculture. |
Le pianiste turc Toros Can est aujourd’hui
considéré comme un des meilleurs spécialistes
du répertoire contemporain. Ainsi, son jeu exalté
de Ligeti révèle une maîtrise parfaite des rythmes,
des contrastes, des ruptures et des figures obsessionnelles présentes
chez ce compositeur. De même, lorsqu’il gratte les cordes
de son piano « préparé » selon les recommandations
de Georges Crumb, tout en produisant des bruits de gorge, Toros
Can bouleverse l’auditeur par son interprétation puissante
de Makrokosmos.
De façon tout à fait inattendue, le jeune virtuose
vient pourtant de se tourner vers… Henry Purcell ! Une grande
première puisque les œuvres pour clavecin de Purcell
n'ont quasiment jamais été entendues au piano.
Il ne s’agit pas d’un revirement, mais d’un hommage
à un compositeur qui a accompagné la solitude de ses
années londoniennes. En effet, Toros Can fut l’un des
rares étudiants turcs à bénéficier d’une
bourse du British Council pour intégrer le Royal College
de Londres. Loin de sa famille et de son pays, il a trouvé
refuge et chaleur dans l’écoute de grands compositeurs.
Purcell, notamment, a bercé sa nostalgie. Professeur au Conservatoire
d'État de l’Université Anadoludepuis 2001 et
soliste dans plusieurs orchestres, il désire mettre à
profit les Rencontres d’Averroès pour faire partager
sa passion pour le célèbre compositeur du XVIIe siècle,
sans négliger pour autant le répertoire contemporain.
Ligeti, Crumb, Purcell : un choix plein d’audace, bien à
l’image de ce musicien.

réalisation : Laurence Fillon
[espaceculture] / visuel
original : George René / Textes : Jeanne Baumberger
et Céline Haouji-Chevalier
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