Guillermo del Toro
face à « la bête immonde »
Espagne 1944. La guerre civile s’est soldée, cinq ans plus tôt, par la victoire des franquistes. Carmen, une veuve récemment remariée au très autoritaire capitaine Vidal vient rejoindre son mari dans un poste isolé de Navarre en compagnie de sa fille, Ofelia, âgée d’une quinzaine d’années. Vidal a pour mission de réduire les ultimes poches de résistance, mais il ne se doute pas que les Républicains bénéficient de complicités à l’intérieur même de sa garnison. Dans ce climat tendu, Ofelia trouve refuge dans un mystérieux labyrinthe peuplé de créatures fantasmagoriques. Tandis que l’affrontement entre résistants et franquistes se prépare, Ofelia poursuit ses rituels magiques… Après L’Échine du diable, c’est la deuxième fois que Guillermo del Toro aborde la période franquiste. Le cinéaste s’en explique ainsi : « Le Labyrinthe de Pan traite du fascisme, de son essence même. Pas de manière directe, mais plutôt de façon transversale. Parce que j’aime bien donner à réfléchir. A mes yeux, le fascisme est une représentation de l’horreur ultime, et c’est, en ce sens, un concept idéal pour raconter un conte de fées destiné aux adultes... C’est d’ailleurs pour cette raison que le véritable monstre du film est le capitaine Vidal, incarné par Sergi Lopez. Un monstre bien réel comparé à ceux qui évoluent dans le labyrinthe ! ».
Le film, qui juxtapose audacieusement réalisme et fantastique, figurait en sélection officielle à Cannes 2006. Il est présenté en avant-première à l’occasion des Rencontres.

Lundi 30 octobre, 20 h 30
Marseille - Cinéma Les Variétés
• Rencontre avec José Manuel Fajardo, pour L’Eau à la bouche [éditions Métailié, août 2006], animée par Pascal Jourdana.
En collaboration avec la librairie Prado Paradis.
• Avant-première « Le Labyrinthe de Pan »
Film de Guillermo del Toro [Espagne, 2006, VOST, 1 h 52] avec Sergi Lopez, Ariadna Gil & Ivana Baquero.
Projection suivie d’un débat.
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José Manuel Fajardo :
une fantasque quête d’universel et de liberté
José Manuel Fajardo est journaliste et écrivain. Né en Andalousie en 1957, il vit entre les Asturies et Paris, après avoir vécu au Pays Basque espagnol. Ses romans, gourmands, ludiques et vifs, mêlent souvent plusieurs récits en un, et sont à l’image de cet homme épris de liberté, fils d’un résistant communiste espagnol.
Les Démons à ma porte raconte ainsi la prise en otage, au Pays Basque, d’un journaliste séquestré par l’ETA. Enfermé dans une cave étouffante, éclairée en permanence par une ampoule, cet homme est autant torturé par la peur, la déchéance et le désespoir, que par le passé qui resurgit, fait d’amours, de trahisons, et de désillusions. Les Imposteurs, son précédent livre, s’amusait à recréer un roman de flibuste, en décrivant les errances, au XVIIe siècle, d’un mystérieux aventurier anglais et d’un jeune Juif converti cachant ses origines. Poussés par la mystification, ils iront aux limites de la liberté et de l’amitié…
Mais c’est peut-être avec L’Eau à la bouche que Fajardo dévoile le plus de lui-même. Omar, espagnol, désormais cuisinier dans un cabaret à Paris, remonte ses souvenirs : son enfance dans les Asturies, les séjours en prison de son père communiste, le Mexique, la plateforme pétrolière où il a appris à cuisiner... Tout en préparant les plats à sa clientèle venue du monde entier, il évoque sa conception de la vie dont la gastronomie est la métaphore. Il évoque aussi l’amour aigre-doux qu’il porte à Marina, une Roumaine dont le père fut persécuté par Ceaucescu, chanteuse et danseuse dans le même cabaret que lui.
Les livres de José Manuel Fajardo sont parus chez Flammarion et Métailié, et sont traduits par Claude Bleton.

© Daniel Mordzinski
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